Le Centre de Stockage des Déchets Ultimes SITA

Le Centre de Stockage des Déchets Ultimes SITA (pôle propreté du groupe Suez), est discret. Hormis une clôture d'enceinte, quelques bungalows et le ronronnement d'une mini centrale électrique, difficile de deviner que derrière les vertes collines du "Gebrucheken", le ballet journalier d'une centaine de camions, rassasie un géant ingurgitant annuellement 200.000 tonnes de déchets ultimes. Ceux-ci proviennent d'une zone délimitée par Bitche, Sarrebourg, les portes de Metz et Forbach.

Le Centre de Stockage des Déchets Ultimes SITA Le CSDU SITA

Un contrôle rigoureux

A son menu, un régime mixte : moitié poubelles ménagères (après tri sélectif), moitié déchets industriels banals. Le monstre a l'estomac sensible : pas question de lui faire avaler n'importe quoi : dès leur entrée les chargements sont vérifiés, identifiés, pesés et passés au détecteur de radioactivité. Ensuite, sous le contrôle d'un agent, ils pourront rejoindre le quai de déchargement en bordure d'une immense cavité, le “casier” : 5.000 m2 pour 40m de profondeur, taillé en pyramide dans l'ancienne carrière d'argile qui alimentait la tuilerie de Téting. Malgré l'imperméabilité du sous-sol, le fond et les parois ont été étanchéifiés comme une piscine.

En partie basse, un réseau de drainage assure l'évacuation des “lixiviats”, issus de la fermentation des déchets organiques et de la percolation des eaux pluviales. Ce jus qui n'est pas encore traité sur place, est collecté et acheminé vers une station d'épuration. La pluie qui s'accumule au fond du casier en préparation est pompée jusqu'aux bassins où elle sera analysée avant d'être rejetée dans le milieu naturel.

Pas d’infiltrations

Une fois rempli de déchets, le casier recouvert de terre et végétalisé, se fond dans le paysage mais continue à "travailler" pendant une décennie, produisant des lixiviats et des gaz en quantité décroissante au fil des années (à noter que la surveillance sera assurée pendant 30 ans après la fermeture du centre).

Sur le site de Téting, les gaz de fermentation sont captés par 126 puits, d'une vingtaine de mètres de profondeur, forés dans les 35 hectares de l'ancienne exploitation rendue à la nature.

Une centrale électrique

Pompé, le biogaz (mélange de méthane, d'hydrogène sulfuré, de gaz carbonique et de vapeur d'eau) est acheminé vers la centrale électrique pour y être débarrassé de son humidité avant de servir de carburant à 2 moteurs, dont l'électricité produite est réinjectée dans le réseau UEM. Ces 2 groupes tournent 24 h/24, produisant annuellement près de 17 millions de KWh en réutilisant plus de 10 millions de m3 de biogaz. Cette centrale pourrait alimenter une ville de 10 000 habitants (hors chauffage électrique). Les efforts de Sita lui ont valu d'obtenir la certification ISO 9001 pour la collecte, la gestion des déchets, les déchèteries et le label ISO 14001 pour le stockage des déchets ultimes.

L'installation classée pour le respect et la protection de l'environnement ne semble guère connaître de détracteurs et sûrement pas les nombreux oiseaux qui viennent s'alimenter et se réchauffer sur le site. Une colonie de cigognes s'y est même sédentarisée.

Le responsable précise :

" Il n'est pas rare de voir les cigognes se poser sur les conduites d'exhaure de biogaz. A une température constante de 30°, elles se réchauffent les pattes et le postérieur…"
Encore une utilisation inattendue de nos poubelles !

Unité de production électrique au biogaz Unité de production électrique au biogaz

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