Circuit de la poterie de Chémery

« LA VOIE ROMAINE – POTERIE »
(BOUCLE JAUNE 17,5 KM)

THICOURT
En lorrain roman : « Thico », en allemand : « Diedersdorf ». Mentionné pour la première fois en 1055 sous la forme « Tehécourt ». Le village fut autrefois rattaché au bailliage de Boulay, il était le siège d’une seigneurie, fief mouvant du duché de Lorraine sous la châtellenie d’Amance en 1594, puis de l’évêché de Metz en 1683.De 1790 à 1795 Thicourt était chef-lieu d’un canton appartenant au district de Morhange.
D’argent à trois fasces de gueules, à la nef de Sainte Ursule d’or brochant sur le tout. L'explication du blason est la suivante : Les bandes horizontales rouge sur blanc sont les armes de la famille de Croÿ de Havré à laquelle appartenaient les seigneurs de Thicourt depuis la fin du XVI ème siècle jusqu’à la révolution. La nef de Sainte Ursule rappelle la chapelle de Sainte Ursule aussi appelée chapelle des « Onze Mille Vierges » qui existe encore actuellement.

L’ÉGLISE DE THICOURT
Il y avait jadis à Thicourt deux églises bien distinctes : l’église paroissiale et celle du prieuré. Le prieuré dédié à la Sainte Trinité et à la Sainte Croix fut fondé en 1093 par Gérard à la Barbe, son épouse Adélaïde et l’un de leur fils, Arnould. Dès le début du XII ème siècle les moines bâtirent leur couvent avec l’église prieurale ainsi qu’une église paroissiale sous le patronage de Saint Denis. Le prieuré fut dissout et sécularisé en 1576 et rattaché au prieuré Notre-Dame de Nancy. Finalement en 1602 le prieuré de Nancy fut supprimé au profit de la nouvelle église primatiale de Nancy (aujourd’hui la cathédrale)
L’église paroissiale Saint Denis, en ruine à la fin du XVI ème siècle fut abandonnée et les matériaux réemployés au profit de la prieurale qui devint alors paroissiale sous le titre de Saint Denis, titre qu’elle porte encore aujourd’hui.
Le chœur roman, classé monument historique, présente une abside polygonale (sept côtés d’un décagone dont les deux côtés à l’avant sont parallèles). La voûte est en demi-coupole ou cul de four dont la base est soulagée par de petites colonnettes.
C’est l’un des plus beaux chœurs romans de Moselle.

LA TOUR ET LE CHÂTEAU DE THICOURT

Il existait un château qui appartint au Comte Albert de DABO en 1206, aux
VARSBERG en 1261, puis de 1355 à 1467 à la maison de Fénétrange. Il fut attribué avec la seigneurie par le duc de Lorraine après 1522 à Guillaume de DOMMARTIN, seigneur de Fontenoy. Diane de DOMMARTIN, petite fille de ce dernier et son époux Charles-Philippe de Croÿ, marquis de Havré, construisirent à la fin du XVIe siècle un nouveau château. Il fut incendié en 1635 durant la guerre de Trente Ans par Bernard de SAXE-WEIMAR. Les ruines furent démolies vers 1848, il subsiste un puissant colombier de plan circulaire, garni à la base de canonnières ovales ou rectangulaires à redents, et privé de son toit conique.

LA CHAPELLE SAINTE URSULE

Le pouillé des Bénédictins de 1707 mentionnait cette chapelle comme étant dédiée aux Onze Mille Vierges et la dit construite depuis quelque cinquante ans, rétablie à neuf en 1776 et tout récemment encore. Cet oratoire sert actuellement de columbarium.
Ste URSULE était la fille d’un roi celte de Grande-Bretagne. Vers l’an 400, en revenant de Rome où elle était allée en pèlerinage avec ses compagnes, elles remontaient le Rhin en bateau. Elles furent surprises par les HUNS aux environs de Cologne. Elles préférèrent la mort à la perte de leur virginité.

LES CARRIERES

A droite la carrière blanche, à gauche la rouge, toutes deux lieu d’extraction de gypse destiné à l’élaboration de plâtre. Au sud de celle-ci la ferme G.A.E.C de la PLÂTERIE, où était implantée l’ancienne fabrique de plâtre FLAMANT Auguste qui fut exploitée de 1860 à 1935 environ.


LA JUSTICE
Endroit où s’élevaient autrefois les fourches patibulaires (gibet) du seigneur de Thicourt. (Elles étaient en général placées sur une hauteur, hors des villes, bourgs et villages, et ordinairement près d'un grand chemin et dans un lieu bien exposé à la vue des voyageurs.) En ce lieu Thicourt a bénéficié dès 1950 d’une position altimétrique favorable pour l’installation d’une station militaire Radio. Le Détachement Air 81/128 rattaché à la base aérienne de Metz qui avait pour but d’assister l’atterrissage des avions à réaction de Metz-Frescaty quand nécessaire. Elle a fermé en 1966. Le contingent se composait de six soldats, d’un caporal, le tout commandé par un sergent-chef.


LE PIPELINE DE L’OTAN

Construit en 1958, venant de Metz, il se dirige vers Zweibrucken. (Le réseau de pipelines de l’Otan est long de 12 000 km et traverse 13 pays membres). Il est conçu et géré de façon à répondre aux besoins opérationnels en Centre Europe en temps de paix, de crise et de conflits. Il s'étend de la Méditerranée à la mer du Nord, et de la côte ouest de la France au centre de l'Allemagne. Le réseau de pipeline relie 34 dépots de l'OTAN, des aérodromes militaires et civils, des raffineries, des dépôts civils et des ports maritimes situés dans les pays hôtes (Belgique, France, Allemagne, Luxembourg et Pays-Bas).
Lorsque la base de l’Otan de Grostenquin était encore en activité ce pipeline l’alimentait en carburants d’aviation, essence, diesel et naphte. Ce dernier est toujours en service aujourd’hui et fait partie du réseau global.


LE DIVERTICULE

C’est un chemin reliant les constructions dispersées aux voies plus importantes. Ici ce diverticule effectue la liaison entre l’atelier de Poteries et la voie Romaine. Sur ce chemin on distingue une excavation qui pourrait être l’une des carrières d’argile alimentant l’atelier.
Il nous faut également citer le crash du 22 janvier 1945 d’un appareil américain P38 qui était parti dans la matinée de Florennes en Belgique pour assurer avec son escadrille une escorte de bombardiers au-dessus de l’Allemagne. Le pilote originaire de Californie âgé de 22 ans, second lieutenant, U.S Army Air Forces Maurice A. VIKSE y trouva la mort.


LE CHEMIN DES 40 JOURS, L’ATELIER DE POTERIE GALLO-ROMAINE

L’atelier est située au lieu-dit des 40 Jours (une journée = surface retournée, c’est-à-dire labourée, par quatre chevaux en un jour), sur le ban de Chémery.

 Etendue du terrain visible : 160 mètres x 110 mètres, soit 1,8 hectares ; en réalité, le site est plus étendu, notamment vers l’Ouest.

 Datation du site : de 60 à 160 après J.-C.

 Potiers les plus connus : Satto et Saturninus ; en tout, 36 potiers. Certains sont venus d’Italie (Arezzo en Emilie Romagne).

 Découverte du site en 1934 ; une première campagne de fouille a eu lieu de juillet à octobre 1934 sous la direction de M. Welter (6 fours ont été mis à jour) ; M. Delors a publié une première étude en 1935.

 Lors de la campagne de 1981, un autre four fabriquant de la céramique commune a été mis à jour.

 Matériel céramique découvert : céramiques sigillées unies et ornées, marquées d’un sceau ; céramiques vernissées ; céramiques communes. La collection de céramiques sigillées avec moules se trouve au musée de Metz.
Il y était également produit des tuiles.

Il s’agissait d’un atelier de production sur une grande échelle ; des vases ont été exportés en Hollande et en Grande-Bretagne. L’importante concentration de sites gallo-romains autour de l’officine de Chémery semble démontrer l’existence d’un véritable complexe à habitat dispersé. Chémery (autrefois, Schönberg) se trouve près de la voie gallo-romaine allant de Metz à Keskastel. A proximité, on situe au moins une carrière (glaisière) d’où était extraite l’argile.
Dans un dépotoir, on a retrouvé un mélange de céramiques et de briques ; poterie et briquetterie ne faisaient qu’un.

LA FERME DE BONHOUSE

Un document de 1147 parle de la métairie de Bonhous. On y soignait des lépreux qui ne pouvaient subsister que des aumônes des « Gutleute » (= bonnes gens). Ce terme fut par la suite donné aux lépreux.
Leur refuge fut appelé « Gutleuthaus », la maison des Bonnes Gens, c’est-à-dire lépreux, d’où Bonhouse.


LA FERME DE LA TUILERIE

Ecart de Faulquemont. Selon un document datant de 1757 (période du Marquisat), il semble s’agir à l’époque d’une fabrique de tuiles devenue ferme par la suite. Jusqu’à la fin des années 60, le dépôt d’ordures de Faulquemont se faisait près de la ferme de la Tuilerie, le monticule crée est encore perceptible sur la droite du chemin avant d’arriver à la ferme.


LE HERRENWALD
Le complexe de bâtiments abrite un centre socio-culturel, une école de musique ainsi qu’un centre équestre, ce fut également une école ménagère.
Le Herrenwald fut durant quelques jours le poste de commandement du 146e régiment d'infanterie de forteresse ou Régiment de Faulquemont sous les ordres du commandant VIAUD.

CHÉMERY-LES-FAULQUEMONT
Il est déjà fait mention en 1547 d’une ferme (Schoenberg) comme propriété de la paroisse de Faulquemont. En 1587 le village, construit en partie sur d’anciennes ruines de la ferme « Schoenberg », naquît après que Paul, Comte de Salm, Marquis de Faulquemont ait cèdé à des colons étrangers 1000 jours de forêts à défricher. Le village est dénommé Chémery à partir de 1606. En 1765 Les habitants de Chémery refusent de contribuer aux frais de la reconstruction de leur église paroissiale au centre de Faulquemont. Ils voudraient se constituer en une paroisse indépendante et reçoivent dès lors le sobriquet des anciennes générations de ce village « Les Bigots ». Malgré leurs nombreuses suppliques dans lesquelles ils faisaient constamment valoir leurs ferveurs religieuses et leur attachement aux principes chrétiens pendant une dizaine d’années, ils n’obtiennent pas gain de cause auprès de l’autorité épiscopale. Le village avec « ses Bigots », restera annexé à la paroisse des « Huddelberg » jusqu’en 1804, puis à celle de Thicourt. En 1973 Chémery fusionne avec Faulquemont.
De gueules à deux saumons adossés, accompagnés en chef d'une poterie romaine, en flancs de deux croisettes recroisettées au pied fiché, en pointe d'une lettre P, le tout d'argent. L'explication du blason est la suivante : Armes de la famille de Salm, brisées. Le village actuel de Chémery a été fondé en 1587 par le comte Paul de Salm (lettre P), co-seigneur de FAULQUEMONT. La poterie gallo-romaine fait référence à la célèbre découverte de l’atelier de céramique en 1934.

LE BOIS DE THONVILLE
Le 16 juin 1940 dans ce petit bois, le commandant VIAUD, le sous-lieutenant SCHOEFFER, commandant le groupe franc et leurs hommes subissent une attaque ennemie. Les pertes sont au nombre de cinq ainsi que plusieurs blessés. Les morts sont : Sergent MORIN, Caporal SCHMIDT, Soldats GRAINDORGE, LE BARS, NYS.
Dans la salle dédiée au 146e RIF à Faulquemont, une photo représentant les cinq tombes surmontées de croix auxquelles sont suspendues des casques français est ainsi présentée « Tombes de combattants français tués dans le bois de Thonville ».

LE MOULIN DU MANCHEBACH
Ancien moulin devenu aujourd’hui le cenacle de l’Abbé KAMIN situé sur le ruisseau du Manchebach qui prend sa source au nord de Thicourt au lieu-dit la grande Reborne et se jette dans la Rotte à Brulange.
A l’est du moulin se trouve la pièce St Nicolas où se situaient la carrière et les fours de pierre à chaux.

THONVILLE
En allemand : « Odersdorf ». Thonville dépendait de l'ancienne province des Trois-Évêchés, il faisait partit d’un des villages du ban de la Rotte et était une annexe de la paroisse de Brulange. La chapelle de la Très Sainte-Trinité construite en 1726, le lavoir en 1847.
D'azur semé de lys d'or à trois annelets entrelacés d’argent brochant sur le tout.
L'explication du blason est la suivante : Armes de l’abbaye royale de Saint-Denis. Les anneaux évoquent la Trinité, sous le patronage de laquelle est placée l’église du lieu.